SURVOL
SOMMAIRE
Le
travail de réexamen de la norme d'arrimage des charges du Code
canadien de sécurité a montré le besoin d'effectuer
de la recherche portant sur la "mécanique" des systèmes
d'arrimage, ce qui a donné lieu à un projet de recherche
international qu'ont appuyés des deniers publics et privés
des deux côtés de la frontière. Voici un survol
des problématiques découlant des quatre éléments
des systèmes d'arrimage de charge (points d'ancrage, systèmes
d'arrimage, dispositifs de blocage et friction) ainsi que de leur interaction
avec des cargaisons aux caractéristiques précises. Les
résultats seront consignés en tant que principes en langage
clair qui deviendront la base pour la mise au point d'une norme nord-américaine
d'arrimage des charges, norme qui entrera en vigueur le 1er juillet
2005 au Canada.
INTRODUCTION
L'arrimage
des cargaisons sur les véhicules relève de la sécurité
publique et, conséquemment, il est assujetti à la réglementation
gouvernementale ainsi qu'à des pratiques au sein de l'industrie.
Les règlements portant sur les charges à bord de véhicules
sont conçus et appliqués par les provinces et territoires
au Canada et par les états aux États-Unis, ce qui représente
en tout plus de 60 administrations, dont plusieurs traitent avec plus
d'une agence. Bien que la responsabilité fédérale
du commerce interétatique aux États-Unis ait donné
lieu à une très bonne uniformité sur le plan de
la réglementation, les exigences, interprétations et application
de cette reglémentation diffèrent considérablement,
ce qui occasionne des problèmes pour les camionneurs. Au mieux,
on peut parler de contretemps, voire d'obstacles, à la libre
circulation des biens, ce qui entraîne une augmentation des coûts
de transport.
Le
Code canadien de sécurité (CCS) nécessitait la
mise à jour de la norme sur la sécurité des charges
et le Conseil canadien des administrateurs en transport motorisé
(CCATM) a été chargé de la mettre au point. Son
groupe de travail a examiné le règlement actuel mais n'a
pu résoudre quelques exigences très divergentes entre
les provinces et territoires parce qu'aucun outil ne pouvait évaluer
la capacité des systèmes d'arrimage de charges. Conséquemment,
le groupe de travail a réalisé un cadre de travail pour
la norme en plus d'identifier quelques pistes de recherche nécessaire
avant qu'il ne soit terminé. (1) Le ministère des Transports
de l'Ontario a préparé une ébauche de projet de
recherche à partir d'une série de consultations auprès
de son personnel et de membres de l'industrie et l'a fait circuler dans
l'ensemble de l'Amérique du Nord. Un comité technique
formé de représentants d'agences gouvernementales et d'associations
reliées à l'industrie représentant des manufacturiers
de remorques et d'expéditeurs et transporteurs d'équipement
connexe a examiné les commentaires formulés et a finalisé
le projet de recherche (2). Le CCATM l'a approuvé à titre
de projet à la fin de 1993, il a obtenu du financement et un
comité de gestion a été formé afin d'en
diriger la recherche. Après que les gouvernements et l'industrie
aux États-Unis aient fourni tant un appui technique que financier,
l'objectif de la recherche est passé de l'élaboration
d'une norme canadienne à une norme uniformisée pour l'Amérique
du Nord.
Voici
les problématiques qu'a identifiées le groupe de travail
du CCATM ainsi qu'une description du programme formulé pour en
traiter.
IDENTIFICATION
DES PROBLÉMATIQUES
Cette
section résume les problématiques et les pistes de recherche
qu'a identifiées le groupe de travail du CCATM (1), en discute
pour ensuite noter comment on se proposait d'en traiter.
Exigences
générales
Le
groupe de travail voulait traiter des exigences générales
se rapportant à toutes les charges. Ces exigences comprenaient
les attentes de rendement de la norme, l'acceptabilité d'une
décélération calculée de 0,6 g et si l'exigence
actuelle de limite de charge nominale d'ensemble de tous les systèmes
d'arrimage, qui doit en ce moment dépasser le poids de la charge,
était appropriée.
Ces
problématiques ont dépassé le cadre du projet de
recherche. Elles étaient cependant un aspect important de la
discussion entourant les résultats, ce qui permettrait ensuite
de mettre au point les principes de la norme.
Points
d'attache
Un
point d'attache fait partie intégrante de la structure d'un véhicule
à laquelle est fixée un ensemble d'arrimage. Les points
d'ancrage rèlevent habituellement de compétence fédérale
en tant que norme de sécurité d'un véhicule. Transports
Canada a entrepris la mise au point d'une norme relative aux points
d'attache désignés pour les nouveaux véhicules,
si bien que personne n'avait à discuter davantage de cet aspect.
Toutefois, dans la plupart des cas, on ne connaît pas la limite
de charge nominale de ces points d'attache sur les véhicules
actuels, si bien que les expéditeurs, transporteurs ou inspecteurs
sur route ne peuvent pas évaluer la capacité véritable
d'arrimage des charges. Dès lors, il était clair qu'il
fallait effectuer de la recherche dans ce domaine.
Dispositifs
d'ancrage
Un
ensemble d'arrimage a recours à un dispositif de tension tel
qu'un tendeur à chaîne ou un treuil afin de produire de
la tension dans un dispositif d'arrimage (chaîne, câble,
cerclage métallique, sangle ou corde) afin d'arrimer une charge
au véhicule. Les normes actuelles tendent à supposer que
la tension résultant d'un dispositif d'arrimage aux deux extrémités
est uniforme sur la longueur, comme si le dispositif d'arrimage avait
recours à une poulie. Le dispositif d'arrimage peut être
coté au double de sa charge utile. Cependant, il est évident
que la friction entre un dispositif et une charge ainsi que des dispositifs
qui doivent négocier un coin assez prononcé ou un coin
plus mou fera en sorte qu'il est impossible d'obtenir une tension uniforme
si on applique la tension d'un côté du véhicule.
Si la tension n'est pas égale à l'origine le long des
sections d'un système d'arrimage, on ne sait guère si
la flexibilité propre à la charge, sa tendance à
vouloir se déplacer légèrement sur le plancher
de la remorque ou encore sa capacité de modifier sa forme peuvent
faire en sorte que la tension se rééquilibre aussitôt
que le véhicule se met en mouvement en raison des accélérations
soudaines imputables à la surface de la route. Clairement, il
s'avérait nécessaire de comprendre la "mécanique"
des dispositifs d'arrimage.
Dispositifs
de blocage
Des
cales sont utilisées afin d'immobiliser une charge. La charge
peut être disposée de façon à s'appuyer directement
ou indirectement sur les parois de la remorque, sur les poteaux (stakes)
ou ridelles. Les fabricants de remorque ne conçoivent généralement
pas de parois capables de soutenir des charges calées et ils
recommandent qu'elles ne soient pas utilisées à ces fins.
Les charges de marchandises très serrées sur des palettes
qui pourraient s'accoter sur les parois de la remorque lors de virages
ne causent pas problème puisque, dans la plupart des cas, la
remorque capoterait avant qu'une palette ne se renverse. Les poteaux
et les ridelles sont fabriqués à partir de plusieurs matériaux
et sont de designs très différents. Dans le cadre du projet,
les potelets typiques de divers types ont été mis à
l'essai tant sur le plan déchirement (cisaillement) qu'en flexion
afin d'en calculer la limite de charge utile.
Une
charge peut aussi être calée par des poutres de bois de
fardage clouées à la plate-forme de la remorque et installées
à la jonction de la charge sur la plate-forme. Le projet comprenait
une évaluation d'un niveau réaliste de retenue que l'on
peut attendre des pratiques généralement utilisées
de poutres clouées à une plate-forme fabriquée
de bois.
Bois
ouvré
Le
bois ouvré est tout simplement une marchandise particulière
qui représente la classe de charge allongée qui peut être
empilée et qui doit être arrimée à certains
intervalles sur sa longueur. Cette portion du projet a examiné
la capacité et la tension qu'exerçaient le dispositif
d'arrimage, la friction exercée entre la charge et le véhicule
ainsi que si oui ou non, les différents niveaux de la charge
devaient être arrimés séparément.
Bobines
de métal
Les
bobines de métal sont une charge plus difficile à manier
et à arrimer en raison de leur poids et de leur forme. Les problématiques
sont nombreuses. Est-ce que des dispositifs de blocage sont requis afin
d'arrimer ces bobines? Est-ce que des traverses-berceaux de métal
sont requis? De quelle dimension? Et avec quelle efficacité les
chaînes absorbent-elles les charges horizontales, compte tenu
de leur angle, tant pour l'oeil longitudinal que latéral?
Autres
problématiques
Plusieurs
autres problématiques potentielles ont été soulevées
au cours du projet de recherche en plus de celles qu'avaient identifiées
le projet du groupe de travail (1). Lorsque au fil des discussions,
la suggestion a été faite que les pratiques et la procédure
actuelles n'étaient pas pour autant inadéquates, les parties
ont convenu qu'il n'était pas nécessaire de faire de la
recherche en ce domaine.
La
friction qui se produit entre la charge et le véhicule ou entre
les appareils d'arrimage et le fardage ou la charge est une composante
de l'arrimage d'une charge aussi fondamentale que ne le sont les dispositifs
de blocage, les points d'ancrage et les appareils d'arrimage. Certains
ont suggéré qu'on ne peut pas toujours se fier à
la friction, si bien qu'elle ne devrait pas faire partie de l'équation
(3). Toutefois, la friction était bel et bien présente
et elle a joué un rôle significatif dans de nombreux tests.
Il a fallu déterminer l'ampleur et le rôle de la friction,
ne serait-ce que pour interpréter les résultats de ces
essais. Ces résultats ont permis d'examiner la recommandation
précédente au cours du processus réglementaire.
Il
est évident que certains appareils de tension peuvent générer
une quantité fixe de tension dans un appareil d'arrimage, et
ce, indépendamment de la cote de l'appareil d'arrimage. Ceci
signifie qu'un petit appareil d'arrimage pourrait être tendu en
une proportion plus grande de sa capacité qu'un plus gros appareil
d'arrimage... ce qui signifie que le petit appareil absorbera moins
de tension de la part de la charge avant qu'il ne cède. Cela
soulève deux problématiques. Quelle est la véritable
capacité des appareils à créer de la tension sur
les appareils d'arrimage et de quel ordre davantage d'appareils d'arrimage
d'une plus petite capacité diffèrent-ils d'une situation
où moins d'appareils d'arrimage (de plus grande capacité,
toutefois) sont utilisés, selon le scénario que les deux
systèmes seraient appelés à posséder la
même capacité totale?
On
croit généralement que la capacité portante d'une
chaîne est basée sur une tension franche. Lorsque un maillon
d'une chaîne sous tension s'appuie directement sur une surface
dure, ce maillon subit un stress si élevé qu'il peut céder.
On pense généralement que de tels facteurs expliquent
pourquoi le rapport capacité optimale/limite de charge nominale
est de 3 ou 4 à 1. Toutefois, on croit aussi que cette marge
de sécurité est employée au sein du règlement
afin d'assurer un arrimage de la charge qui soit fiable. Bien que le
rapport entre ces éléments soit imprécis, il est
par ailleurs clair que la marge de sûreté d'une chaîne
ne peut être utilisée dans les deux situations. On a alors
proposé de se pencher sur l'effet de la solidité (force)
de la chaîne en soumettant un seul maillon à la charge
entière.
Les
problèmes d'arrimage de charge ont été identifiés
tandis qu'étaient installés plusieurs types de marchandises
sur des plateaux de semi-remorque. La liste initiale ainsi dressée
était loin d'être exhaustive mais au moins, elle a établi
une approche propre aux problématiques de marchandises.
Il
n'y avait pas lieu de remettre en question la cote qu'avait inscrite
le manufacturier sur ses chaînes, ses sangles ou ses appareils
d'arrimage de câble, sur les tendeurs de charge et anneaux d'arrimage
en D, pas plus que les normes dont chacun se sert afin de préciser
le moment lorsque de l'équipement doit être retiré
parce qu'il est endommagé. L'enjeu, c'est plutôt de faire
en sorte que l'équipement de capacité appropriée
soit utilisé.
Comme
l'arrimage des grumes avait été amplement abordé
au sein même de l'industrie, ce n'était pas là une
problématique à considérer (4, 5, 6). Toutefois,
tout le monde ne connaît pas les renseignements actuels, si bien
que cette question a refait surface. Après nouvel examen, les
parties ont généralement conclu que les techniques d'arrimage
actuellement disponibles étaient adéquates mais qu'elles
gagneraient à être connues et utilisées davantage.
L'unique problématique demeurant encore à résoudre
était celle des courtes grumes de 1,2 m (4 pieds) que l'on transporte
disposées latéralement en deux étages, mais c'est
là une problématique dont l'importance diminue puisque
les tenants de l'industrie ont adopté de nouvelles pratiques
de manutention du bois. Une étude spéciale a confirmé
que les pratiques adoptées pour la manutention des grumes de
2,4 m (8 pieds) s'appliquerait (7).
L'arrimage
d'équipement lourd et des véhicules à roues était
l'objet de travaux de la part de plusieurs autres intervenants au moment
où le projet de recherche était au stade d'élaboration.
La plupart des fabricants tiennent compte des considérations
de transport en dessinant leurs véhicules et recommandent des
normes et une procédure à suivre, surtout afin de faire
en sorte qu'un véhicule donné puisse être livré
sans avoir subi de dommages. Rien ne laisse supposer que ces procédures
soient inadéquates lorsque on les suit, si bien qu'elles étaient
la base même de toute discussion sur cette problématique.
Conclusions
L'analyse
des problématiques a identifié quatre éléments
au sein d'un système d'arrimage des charges:
1. La friction,
qui peut agir entre la charge et le véhicule et qui peut aussi
agir entre la charge et les autres éléments du système
d'arrimage des charges;
2. Les dispositifs
d'arrimage qui empêchent le déplacement de la charge;
3. Les appareils
d'arrimage; ainsi que
4. Les points d'ancrage
Ces
quatre composantes sont utilisées de diverses façons selon
le type de marchandises. Les appareils servant à l'arrimage des
charges peuvent comporter plus d'une de ces quatre composantes. Conséquemment,
ces composantes ne sont pas indépendantes l'une de l'autre et
peuvent très bien interagir selon la dimension et la forme de
la charge.
Résultat
: le projet se devait d'examiner la "mécanique" de
chacune des quatre composantes fondamentales des systèmes d'arrimage
des charges. Il devait aussi examiner comment, dans la pratique courante,
ces composantes interagissent sur des marchandises précises qui
présentent des problèmes d'arrimage de charge.
OBJECTIFS
Le
projet de recherche (2) définissait les trois objectifs suivants
:
1. Déterminer
comment des portions de systèmes d'arrimage des charges contribuent
à la capacité desdits systèmes;
2. Démontrer
le caractère adéquat des pièces, ainsi que la
capacité générale, des systèmes d'arrimage
des charges; ainsi que
3. Concevoir des
principes, fondés sur une saine analyse d'ingénierie,
qui contribueraient à la création d'une norme internationale
d'arrimage de cargaison pour les camions lourds.
MÉTHODOLOGIE
Si
la "mécanique" d'une problématique précise
est bien comprise et que des données adéquates sont disponibles,
on pourrait traiter de la problématique par le biais d'une simulation
par ordinateur. Si ces mêmes rouages ne sont pas bien compris,
qu'ils n'offrent pas des résultats linéaires ou que les
données sont difficiles à obtenir ou qu'elles ne sont
pas fiables, il convient alors de procéder aux vérifications
par le biais d'un programme d'essai. La plupart des rouages en cause
lorsque il est question d'arrimage de charge (qu'il s'agisse de l'effet
de "poulie", la capacité des appareils d'arrimage de
générer de la tension, le rôle que joue la friction
ainsi que l'effet domino que provoqueraient peut-être de petits
appareils d'arrimage qui cèdent en succession rapide) sont non
seulement incompris mais ne se produisent pas de façon linéaire.
Il était dès lors nécessaire d'acquérir
une compréhension des rouages auxquels sont soumis les parties
de systèmes d'arrimage des charges ainsi que des données
dont on aurait besoin avant même de pouvoir utiliser des modèles
simples de façon efficace. Simplement dit, les problématiques
devaient être abordées lors d'un programme d'essai (3).
La
plupart des tests, en particulier ceux menés en laboratoire,
devaient être créés de façon artificielle
en ce que les conditions d'essai étaient créées
afin de s'assurer que les caractéristiques auxquels les tenants
étaient intéressés pouvaient être observées
avec fiabilité sans que des facteurs externes et incontrôlables
ne viennent fausser les données. Comme plusieurs essais étaient
conçus afin de déterminer la capacité de systèmes
d'arrimage des charges au-delà de la capacité de manoeuvre
d'un véhicule, la seule façon de déterminer cette
capacité était par le biais d'un test en laboratoire.
Des
modèles simples d'arrimage des charges ont été
conçus aux fins de mettre à l'épreuve plusieurs
combinaisons génériques de formes de charge et de géométries
d'appareils d'arrimage (3). Ces outils de travail ont été
utilisés au besoin lorsque il fallait valider des méthodes
d'analyse ainsi que lorsque il fallait appliquer des conditions d'essai
précises aux conditions générales aux fins de conception
des principes réglementaires.
Le
projet était une initiative publique-privée en collaboration
avec les gouvernements canadien et américain, les provinces et
territoires du Canada, quelques agences d'assurance provinciales, quelques
états américains, quelques associations de camionnage
au Canada et aux États-Unis ainsi que quelques regroupements
d'expéditeurs. Un comité de gestion formé du CCATM
et d'un représentant de chacun des partenaires a veillé
à sa bonne marche. La portion de travail reliée au bois
ouvré a été entreprise par l'Institut canadien
de recherches en génie forestier pour le compte du ministère
des Transports du Québec. La portion restante a été
entreprise par le ministère des Transports de l'Ontario en guise
de contribution "en nature" au projet. Plusieurs autres agences,
associations et entreprises ont aussi offert de telles contributions,
qu'il s'agisse de ressources humaines, d'équipement et d'articles
d'essai. D'autres parties ont fait des offres semblables mais elles
ont été poliment refusées parce que l'équipement
nécessaire était déjà disponible.
Il
est important de rappeler que ce projet a simplement effectué
de la recherche. Les résultats ont été transmis
aux personnes chargées de la mise au point d'un texte de loi
final sur l'arrimage des charges afin d'ajouter au cadre de travail
qui avait déjà été mis au point (1). La
mise au point du texte de loi s'est déroulée simultanément
avec les dernières étapes de la recherche puisque plusieurs
aspects aux chapitres de la procédure et de l'organisation devaient
être réglés lors des premiers balbutiements de la
mise au point d'une norme nord-américaine unique pour l'arrimage
des charges. Dans d'autres cas, il n'était pas nécessaire
d'attendre les résultats de la recherche et la conception du
texte réglementaire pouvait aller de l'avant.
PROGRAMME
D'ESSAI
Points
d'ancrage
La
capacité portante des points d'ancrage typiques est habituellement
inconnue. Le projet de recherche a identifié les types plus communs
de points d'ancrage comme les gaines de potelets, lisses de protection,
tiges soudées, anneaux en D, assemblages de chaînes-tubes
et treuils. Des spécimens de chacun et de différente capacité
ont été mis à l'essai en plusieurs sens sur une
machine en laboratoire jusqu'à ce qu'ils cèdent. D'autres
essais examinaient aussi si la méthode d'accrochage et d'enroulement
de la chaîne sur une gaine de potelet affectait sa puissance en
tant que point d'ancrage.
Les
articles ayant servi aux essais ont été initalement évalués
par analyse structurelle linéaire restreinte d'élément,
par cas de charge, afin de déterminer quels étaient les
secteurs de stress prononcé et de quelle façon le dispositif
allait céder. Des cadrans mesurant la déformation ont
été installés en des endroits critiques tandis
que des transducteurs de déplacement étaient installés
avant le déroulement des essais. La sollicitation et la réaction
étaient surveillées et consignées à l'aide
d'un système intégré de données tandis que
l'on déterminait comment la charge réagissait et le mode
de défaillance. Les données d'essai étaient traitées
et comparées à l'analyse structurelle non-linéaire
restreinte d'élément, ce qui a servi à utiliser
les résultats d'essai en prévision de la mise au point
d'un ensemble de principes afin de coter les divers points d'ancrage.
Appareils
d'arrimage
Cette
série de tests visait à résoudre les problématiques
suivantes :
1. L'effet que
produisait le type de tendeur, la dimension et la longueur de la chaîne
sur sa capacité de créer de la tension sur une chaîne;
2. L'effet sur
la puissance de la chaîne selon que des maillons reposant sur
des coins prononcés;
3. L'équilibrage
de la tension de la portée des chaînes et des appareils
d'arrimage en sangle;
4. L'effet du
mouvement latéral d'une charge sur la tension d'appareils d'arrimage
en chaîne et en sangle; et
5. L'effet du
mouvement longitudinal d'une charge sur la tension d'appareils d'arrimage
en chaîne et en sangle.
Les
deux premières problématiques portaient strictement sur
les propriétés des appareils d'arrimage typiques. Les
trois autres problématiques traitaient tous de l'effet de poulie
puisque il était nécessaire de déterminer jusqu'à
quel point la tension s'équilibre dans les sections d'un appareil
d'arrimage selon les divers types de charge et l'appareil d'arrimage.
Dispositif
de blocage
Cette
série d'essais examinait la capacité de charge de diverses
configurations de dispositifs de blocage en bois qui étaient
cloués sur le plancher de la remorque et quelle était
la force de déchirement et de flexion des diverses gaines de
potelets.
Des
blocs de bois sont souvent utilisés comme fardage lorsque une
charge est arrimée à l'aide de chaînes et de câbles.
L'effet de poulie sera affecté par jusqu'où les appareils
d'arrimage déformeront le bois, comme nous l'avons vu dans le
chapitre précédent.
Tous
ces essais ont été réalisés en laboratoire
afin d'isoler les facteurs qui nous intéressaient des effets
de confusion qui pourraient survenir lorsque des charges véritables
sont transportées sur les autoroutes.
Friction
Cette
série d'essais a déterminé les coefficient de friction
statique et glissante entre des planchers typiques de camion tels que
du bois solide et rugueux, du bois solide et lisse, du bois franc scellé,
de l'acier lisse, de l'aluminium rainuré (grooved aluminium)
tant sur le plan longitudinal que latéral, ainsi que du Transdeck.
Des cargaisons typiques ont été arrimées telles
que du chêne, de l'épinette, de l'acier lisse, des bases
de machine, des coussinets d'acier, un patin de plastique, du béton,
du caoutchouc et du papier. Des conditions typique d'interaction ont
été reproduites sur les surfaces; elles étaient
tantôt nettes et sèches, mouillées, huileuses ou
encore du sable s'y trouvait. Comme toutes ces conditions d'interaction
ne se retrouveraient pas dans toutes les combinaisons de plancher et
de cargaison, une sélection a été effectuée
afin que l'on reproduise celles qu'on retrouverait au quotidien. Les
essais ont aussi englobé les tuyaux de béton de grand
diamètre.
Les
essais ont aussi examiné l'effet de la vibration sur la friction.
Bois
ouvré
Cette
série d'essais vérifiait l'effet du nombre et de l'espacement
des appareils d'arrimage. Dans le cas des cargaisons de plus d'un étage
de bois, les essais visaient aussi à vérifier la différence
entre les appareils d'arrimage sur chacun des étages et les appareils
d'arrimage installés par-dessus tous les étages. Les essais
ont été menés à l'aide de tables basculantes
dans les axes latéral et longitudinal et à l'aide de manoeuvres
dynamiques latérales/directionnelles à haute vitesse au
volant de véhicules sur une piste d'essai. La cargaison a été
placée sur des cales d'espacement normales en bois ainsi que
sur des cales d'espacement recouvertes de Teflon afin de simuler des
cales ou un plancher de camion recouverts de glace. Les instigateurs
ont procédé à des essais avec des appareils d'arrimage
en sangle qui étaient resserrés à diverses tensions.
Des instruments mesuraient le mouvement de la cargaison et la tension
des appareils d'arrimage.
Bobines
de métal
Cette
série d'essais examinait les effets séparés de
la friction, des dispositifs de blocage et des appareils d'arrimage
sur les bobines ainsi que l'effet combiné de ces trois composantes
du système d'arrimage des charges.
Ces
essais comprenaient :
1. L'effet de
friction;
2. L'effet du
blocage;
3. L'arrimage
par chaînes: oeil dans l'axe latéral;
4. L'arrimage
par chaînes: oeil dans l'axe longitudinal;
5. Test berceau
avec l'oeil dans l'axe latéral (berceau arrimé);
6. Test berceau
avec l'oeil dans l'axe latéral (berceau non arrimé);
7. Berceau et
chaînes avec l'oeil dans l'axe latéral (berceau non arrimé);
8. Test berceau
avec l'oeil dans l'axe longitudinal (berceau arrimé);
9. Test berceau
avec l'oeil dans l'axe longitudinal et avec diverses combinaisons
d'arrimage;
10. Test berceau
avec l'oeil dans l'axe longitudinal et avec une combinaison de berceau
et de chaînes disposées à angle prononcé;
11. Test berceau
avec l'oeil dans l'axe latéral et avec une combinaison de berceau
et de chaînes disposées à angle faible;
12. Test en croisé
avec l'oeil dans l'axe latéral et avec des dispositifs de blocage
et des chaînes disposées dans l'axe longitudinal; ainsi
que
13. Test en croisé
avec l'oeil dans l'axe latéral et avec des dispositifs de blocage
dans deux sens et des chaînes dans l'axe longitudinal.
Autres
marchandises
La
gamme de marchandises qui est expédiée par voie ferroviaire
est très variée et chaque type présente ses propres
problèmes d'arrimage selon sa dimension, sa forme, son poids
ainsi que ses caractéristiques d'empilement et d'emballage. Cette
série d'essais a examiné la capacité des appareils
d'arrimage de retenir plusieurs marchandises qui posent un problème
particulier. Les tests ont ainsi traité de l'arrimage des marchandises
suivantes sur des véhicules à plateau : les cargaisons
sur pallettes, de lourdes plaques de métal, de gros blocs de
pierre, des bobines de fil, des tuyaux de métal ainsi qu'un conteneur
ISO.
MISE
AU POINT DES PRINCIPES RÉGLEMENTAIRES (DE LOI)
La
recherche se bute à deux problèmes fondamentaux. En premier
lieu, il n'est pas toujours possible de traiter de problématiques
de façon directe. Le rapport entre les questions posées
à l'origine et les réponses que l'on fournit éventuellement
n'est pas toujours clair. En deuxième lieu, les réponses
doivent être rapportées en termes techniques. Conséquemment,
comme ils représentent les principes de rouage, on a proposé
de discuter et d'analyser les résultats de la recherche dans
le contexte des pratiques d'arrimage des cargaisons à lesquelles
se livre actuellement l'industrie et ensuite, de proposer un ensemble
de principes qui pourraient donner lieu à la base technique d'une
norme sur l'arrimage des cargaisons. Cette étape visait à
fournir les éléments essentiels aux concepteurs du texte
de loi afin de préparer une ébauche en langage clair de
la norme. La discussion a été fort longue puisque les
acteurs étaient en présence d'un nombre considérable
de problématiques au chapitre des politiques. Le tout impliquait
aussi des analyses et des simulations par ordinateur afin d'obtenir
les résultats de nature générale à partir
de conditions précises des tests qui avaient été
menés durant tout l'exercice. On s'attendait à ce que
la discussion identifie plusieurs secteurs où l'on pouvait choisir
l'approche, le format et d'autres aspects d'une norme. On s'attendait
aussi à ce que certains éléments du travail accompli
identifie les pratiques, la procédure ou les méthodes
qui avaient considérablement de mérite et celles qui n'en
avaient pas et qui n'étaient pas à recommander.
Les
principles réglementaires n'étaient pas considérés
comme étant une norme achevée. Premièrement, cette
recherche n'avait pas couvert tous les aspects de la norme, si bien
que les principes réglementaires de la section qui avait été
l'objet de cette recherche devaient être agencés avec d'autres
connaissances et pratiques actuelles. Deuxièmement, des recommandations
techniques doivent souvent être simplifiées afin que l'industrie
s'en serve et que le personnel chargé de l'application de la
loi les évalue.
La
norme proprement dite se base sur les exigences objectives de rendement
ayant trait à la capacité des véhicules commerciaux
circulant sur les autoroutes. Elle prescrit des moyens d'arrimer plusieurs
catégories de cargaison, chacun rencontrant du moins,
le pense-t-on les exigences de rendement. De plus, on y établit
les procédés d'arrimage d'autres types de cargaison. Ces
procédés laissent de la place à l'innovation même
pour les types de cargaison stipulés dans les dispositions normatives.
La norme est rédigée en langage clair et évite
soigneusement toute terminologie archaïque et la formalité
du règlement conventionnel. Elle a recours à des tableaux
et à des illustrations afin de s'assurer que l'intention du texte
est claire. La norme est aussi appuyée d'un commentaire qui explique
l'objectif, l'origine et la logique employée à chaque
disposition et qui justifie l'approche choisie et tous nombres utilisés.
Le commentaire préserve l'intention de la norme et fournit des
balises pour son « entretien» futur. Ce même commentaire
fournit aussi des balises à l'intention des juges afin d'éviter
une interprétation différente de ce qu'on visait. Comme
mentionné auparavant, le nouveau règlement sur la norme
nord-américaine devait entrer en vigueur au Canada le 1er juillet
2005.
Références
:
1. CCATM, "New
Challenges, New Opportunities, New Requirements for Motor Carrier
Load Securement", Rapport du Groupe de travail sur la sécurité
des charges au Comité permanent sur la conformité et
la réglementation en 1992.
2. Billings, J.R.,
Mercer W.R.J. & Cann, W., "A Proposal for Research to Provide
a Technical Basis for a Revised National Standard on Load Security
for Heavy Trucks", Rapport CV-93-02 de la Direction de la technologie
des transports et de l'énergie, ministère des Transports
de l'Ontario, 1993.
3. Gillespie,
T.D., "Engineering Analysis of Cargo Restraint on Commercial
Highway Trucks" University of Michigan Transportation Research
Institute, Rapport UMTRI-87-38, 1987.
4. Lavoie, J.-M.,
"Systèmes de ceinturage des camions grumiers", Institut
canadien de recherches en génie forestier, fiche technique
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5. Franklin, G.S.,
"Essai des méthodes d'attache de billes de 8 pieds sur
un camion remorque de transport", Institut canadien de recherches
en génie forestier, rapport RT-60, 1985.
6. Franklin, G.S.,
"Load Security on Tractor-Trailer Haul Units with 8-foot, 16-foot
and Tree-length Wood", Institut canadien de recherches en génie
forestier, rapport SR-55, 1988.
7. Desrosiers,
G., "Évaluation de quelques systèmes d'arrimage
utilisés lors du transport de billes de bois de 1,22 mètre
de longueur placées transversalement sur la plate-forme d'un
véhicule routier" , ministère des Transports du
Québec, 1994.
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